Chapitre I
Ce vendredi 25 septembre1965 à trois heures du matin dans la clinique Tadie, les cris torrentiels d’un nouveau-né étouffèrent le bruit de la tornade qui s’abattait depuis deux jours dans la ville de Yaoundé, capitale politique du Cameroun.
C’est un petit garçon ayant l’œil droit fermé.
Cela surprit beaucoup tous ceux qui étaient là dans la salle d’accouchement, puis Pauline, la grand-mère du nouveau né, dit : s’il est né avec un œil fermé, c’est pour voir dans quel monde il venait d’atterrir, question également pour lui de juger, d’analyser les injustices et la cruauté de ce monde afin de décider s’il devait rester ou retourner là d’où il venait.
Puis les gifles que venait de lui infliger la sage femme pour qu’il puisse pousser un cri afin de rejeter les saletés qu’il avait bu dans le ventre de sa mère le força à ouvrir les yeux.
Ha ! « On dirait qu’il est conquis par ce monde », remarqua une infirmière.
Dès qu’on le posa sur le ventre de sa mère, celle-ci lui souhaita la bienvenue en l’appelant John Lewis, et c'est ainsi qu’il prit ce nom.
Mais dès qu’on le ramena à la maison de ses grands-parents, Ernestines, âgée de seize ans, confia immédiatement John à sa grand-mère qui allaitait sa propre fille Claire âgée de huit mois-.
C’est ainsi que John fut allaité par sa grand-mère.
Trois mois plus tard Ernestine, la mère de John, se mariait avec quelqu’un d’autre que le père de John.
Monsieur Npéda Patrice, beau-père de John, avait deux fois et demie l’âge d’Ernestine, sa nouvelle épouse, et celui-ci ayant une première épouse mais ne pouvant pas avoir d’enfant avec elle, a donc épousé Ernestine dans le but que celle-ci lui fasse des enfants, d’autant plus que Ernestine venait de prouver qu’elle était féconde ; c’est ainsi qu’elle lui donna Roland, puis Isabelle, avec un an d’écart entre eux trois.
Ernestine est une femme d’une beauté exceptionnelle, mais qui n’a pas voulu faire des études, qui n’a pas pu s’épanouir dans la vie et qui n’avait aucune expérience de la vie ni maturité et c’est peut-être pour cette raison qu’elle n’a jamais été maternelle avec John, qu’elle ne le considérait ni comme son enfant ni comme un être humain, mais considérant plutôt John comme la source de sa négativité.
Mais monsieur Npéda Patrice, beau-père de John, ne voulait pas entendre parler de son beau-fils, et Ernestine, qui est très matérialiste, ne s’est pas souciée de son pauvre fils, ni de son avenir.
Elle était plutôt intéressée par les fonctions de son cher mari et par le luxe qui entourait celui-ci.
1969 c’est le moment pour John de prendre le chemin de l’école, c’est ainsi qu’il va se retrouver à l’école maternelle des Parcs Repiquais de Yaoundé en compagnie de son petit frère Roland et de sa petite sœur Isabelle, ce qui amena John à vivre auprès de sa maman.
Un jour John demanda à sa grand-mère : maman, qui est madame Npéda Ernestine ?
C’est ma copine, lui répondit-elle.
Mais si c’est ta copine, pourquoi êtes vous constamment ensemble ?
John, mon chéri, arrête de poser des questions bêtes !
John avait des pressentiments que sa soi-disant maman Pauline n’était pas sa légitime mère et en même temps, il était intrigué par la présence constante d’Ernestine chez eux.
Mais John était contrarié en même temps par le fait que celle-ci était une femme métisse, de telle sorte qu’il arrivait qu’on la prenne pour une femme blanche, ce qui amena John à dissiper le fait que celle-ci puisse être sa mère légitime.
Mais cet épisode ne dura que cinq mois, car au cours de la même année scolaire monsieur Npéda Patrice fut affecté dans la ville de Bafang (province de l’ouest).
Il fut décidé que John Lewis retourna chez ses grands-parents et pourtant, à ce moment-là, John n’a que quatre ans et demi. Il faut noter que ses grands-parents sont des êtres très sociables et gentils, de telle sorte qu’ils hébergeaient neveux et nièces de même que plusieurs personnes non membres de la famille.
Ainsi personne ne pouvait imaginer que tous les enfants qui vivaient sous leur toit n’étaient pas tous leurs propres enfants.
C’est l’an mille neuf cent soixante seize et John a dix ans et il retrouve Ernestine, sa maman, dont le mari vient d’être affecté à Bafia dans la province du centre-sud où il fréquente l’école publique Machia II, précisément au cours élémentaire II.
Le contexte camerounais permettant un repos le jeudi après-midi au corps enseignant et aux élèves.
Ce jeudi, aux environs de quatorze heures et comme d’habitude, après le repas John se mit à faire la vaisselle en chantonnant tel une abeille ; cependant Théo, camarade de classe de son cadet Roland, fit son apparition.
- Oh ! ! ! Bonjour Lewis.
- Bonjour Théo,
- Quelle bonne nouvelle te mets de si bonne humeur ?
- Je suis tout simplement content parce que ma lessive terminée, j’irai au lycée jouer au football avec mes amis.
Il faut dire que la nature avait rendu John mélancolique et déséquilibré par le manque d’affection et d’amour de son père et de sa mère.
Et personne n’avait de temps pour lui parler ou pour l’écouter ; ses seuls moments de joie et de bonheur (si et seulement si on peut appeler cela du bonheur), il les trouvait à l’école ou au lycée, là où il se sentait à l’aise de même que chez lui.
Il était le seul enfant de sa mère qui lui était soumis et qui faisait les travaux domestiques à la maison.
A cette époque le nom « mère » ou « maman » ne lui provoquait pas encore des nausées ou des troubles digestifs car il avait encore un espoir que celle qui l’avait mise au monde finisse par le reconnaître et par l’accepter, ne serait ce que comme son fils et même si il aurait fallu qu’elle ignore ses droits de naissance.
Parfois il arrivait qu’ils se retrouvent devant des étrangers et qu’elle soit obligée de faire les présentations. Elle présentait les frères et sœurs de John en précisant le prénom et la qualité, quant à John, on ne le présentait que par son prénom.
Ernestine avait fait un mariage polygamique dont le sort a voulu qu’elle soit la deuxième épouse de ce monsieur.
Sa première épouse, Endalle Rosine, est une femme de la province du littoral ayant une grossesse de huit mois.
- « Maman Ernestine, bonjour », dit Théo, « voici les noix de coco que je t’ai gardées ».
- « Merci Théo, c’est gentil de ta part ».
Puis il alla au salon et se mit à jouer avec Roland.
-« Ernestine, ne peux-tu pas empêcher tes enfants de faire du chahut ? », s’écria Rosine.
Sa lessive terminée, John se leva et alla garder le savon dans la salle de bain ; au moment où il s’apprêtait à sortir, maman Rosine hurla de nouveau à l’encontre de ceux qui perturbaient sa tranquillité.
A l’instant où John atteignit la porte, Ernestine lui lança une noix de coco qui le toucha à la hanche droite en le faisant tomber, il fut envahi d’une grande douleur au niveau du nerf sciatique.
Ignorant sa douleur il se leva en lui demandant :
- Maman, pourquoi m’a tu lancé cette noix de coco ?
- Pourquoi n’arrêtez-vous pas de jouer ?, lui répondit-elle.
Il trouva cela d’une très grande injustice car il n’y était pour rien.
Surmonté d’une grande rage, il prit le panier contenant toute la vaisselle qu’il venait de laver, il le souleva de toutes ses forces et le propulsa sur du ciment qui ne se fit pas prier pour détruire tout ce qui était cassable et il prit la fuite.
Ayant passé toute la journée à vagabonder jusqu’à vingt trois heures, il fut épuisé.
Il se retrouva à la maison, ouvrit la portière du camion Mazda appartenant à son beau-père Patrice, s’allongea, et plongea immédiatement dans un sommeil profond.
En ce temps là, il n’avait plus de cours, il ne restait plus que la remise des bulletins.
Un matin John décidait de rentrer chez ses grands-parents maternels à Yaoundé, capitale politique du Cameroun.
N’ayant pas d’argent, il se retrouvait en train de supplier les chauffeurs de bus de le faire partir sur Yaoundé où ils seraient payés par ses grands-parents.
Pauline, sa grand-mère maternelle, est l’être qui lui est le plus chère au monde, quant à son grand-père, il essayait de suppléer au papa de John.
Au moment où John négociait avec l’un des chauffeurs, le commandant du corps urbain fit son apparition en le priant de lui permettre de le ramener à la maison.
- Cela fait déjà une semaine que nous te cherchons et tes parents ne sont plus fâchés contre toi, lui dit-il.
- Oui papa lui répondit John.
Arrivé à la maison papa Patrice prit la parole en disant :
Mon commandant je vous suis reconnaissant pour ce service que vous venez de me rendre et quant à John il ira demain matin sur Yaoundé rejoindre ses grands-parents.
Sur ce, il remit à John son bulletin de note en précisant qu’il était admit en classe supérieure avec une moyenne honorable et un classement de troisième sur soixante cinq élèves.
C’est de cette manière que John se retrouvais à Yaoundé chez ses grands-parents.
A la rentrée scolaire, ses grands-parents l’envoyèrent à Nsi Mañyaï auprès de son oncle Ali qui dirigeait l’école publique du dit village pour y poursuivre ses études.
L’année scolaire se termina dans de bonnes conditions pour John et il retourna de nouveau chez ceux qui étaient devenu ses parents, c’est pour cette raison qu’il ne les avait jamais appelés grand-père, grand-mère.
L’année scolaire suivante on l’inscrivit à l’école publique de Djoungolo II au C.M.II (cours moyen II), où il eut à présenter son concours d’entrée au C.E.T.I.C (Collège d’Enseignement Technique, Industrielle et Commerciale) de Ngoa-ékélé et quant au C.E.P.E (Certificat de fin D’étude Primaire et Elémentaire), il n’eut pas le privilège de le présenter, car le Directeur de son établissement avait perdu son dossier ainsi que son acte de naissance par négligence professionnelle.
Pendant ses grandes vacances, tante Anne qui est la petite sœur à sa mère génitrice était enceinte, et elle eu la grâce de Dieu et accoucha d’un garçon à qui elle donna le nom de Kenny Hanse qui n’est autre que petit biologique de son père et dont le grand-père légitime de John.
John était le couteau qui remuait la plaît de Hanse, car l’histoire avait commencé seize ans avant la naissance de John :
Seize ans au par avant, monsieur Hans était un responsable commercial qui s’occupait de la gestion de plusieurs magasins d’un colon grec et sa femme eut donc une aventure involontaire avec le patron de son mari, et malheureusement, cette aventure ne put passer inaperçue car elle se retrouva enceinte et mit une fille métisse au monde.
Et c’est ainsi que tout le monde fut au courant de cette aventure.
Mais la famille, les amis (es) demandèrent à monsieur Hanse de ne pas répudier son épouse, de lui pardonner cette faute passagère et d’accepter cette enfant comme si c’était le sien.
Sa vie chrétienne l’aida beaucoup à supporter cette humiliation, cette haine et ce déshonneur, mais sans toute fois oublier.
Quand John fut né, il lui manifesta de l’affection et de l’amour comme si John avait été son légitime petit-fils, hélas les bonnes choses ne durent jamais.
L’arrivé du petit-fils de monsieur Hanse le rendu très dur et cruel avec John.
C’est donc à partir de cet instant que la vie de John bascula, et ce fut le début de son calvaire.
Dès la rentrée scolaire, Hanse fit venir son petit-fils et lui dit :
- John je n’ai pas suffisamment de moyens financiers permettant de t’inscrire au collège.
- C’est pour quoi, j’ai décidé que tu reprendras le C.M.II pendant que ta tante Claire ira au collège et ce ci pour la simple raison qu’elle est une femme et toi un garçon.
John constata que son grand-père ne lui avait parlé que du présent et pas futur.
John compris que son grand-père Hanse avais privilégié Claire, pour la simple raison que Claire est sa fille légitime et lui non.
John fini par lui dire :
- Papa, durant toute l’année scolaire dernière, j’ai figuré parmi les cinq meilleurs élèves de ma classe, pourquoi cette injustice en vers moi ? Je sais que tu le fais par ce que je ne suis pas ton propre petit-fils,
Depuis lors il lui remit plus l’argent des beignets, il ne lui donna plus quoi que ce soit, vêtements, sous-vêtements, ou les chaussures, même pas les simples babouches, John ne bénéficiait même plus des soins médicaux.
Sous prétexte qu’il n’allait pas à l’école. Mais comme Hanse avait une vente emporter, il fallait malgré tout que John sorte les casiers vide de boissons tous les matins, il fallait qu’il face également certains travaux de la maison.
Chose qu’il faisait avec soin.
Un matin, comme maman Pauline vendait le poulet préparé ainsi que les poissons braisés, certains clients ayant finis de manger et laissant les os de poulet et un morceau de pain, monsieur Hans dit :
- John viens chercher à manger.
Il y allait ne sachant pas qu’il s’agissait de déchets.
L’ayant constaté, il fut très choqué et se sentit très malheureux.
Laissant le, tout sur place, il partit s’isoler dans son refuge solitaire qui se trouvait derrière la maison.
Il était loin de se douter de la réalité et de là regarder en face, où de l’accepter.
Il se dit qu’il faut toujours retourner à la source pour connaître et mieux comprendre et la vérité afin d’être affranchi par elle et de trouver une inspiration pour mieux affronter l’avenir.
Sa tête était en ébullition et subitement une question lui vint à l’esprit : pour quoi ma mère était-elle métisse alors que son père et sa mère son tous les deux noires de peau ? Ce questionnait- il C’est en ce moment que la vérité lui sauta dans les yeux et il comprit donc l’origine de la haine que lui manifestait son grand-père.
Donc toute la haine et rage qu’il avait amassée durant des années, cette grande haine avait été crée par l’infidélité de son épouse qui n’était autre que sa chère et bien aimée grand-mère qui a su prendre soin de lui dès sa naissance, qui l’a nourrie avec amour avec son sein maternel, qui l’a chérie et aimée plus que ses propres enfants.
Mais pourquoi ce n’est qu’en ce moment qu’il commençait à manifester sa haine, Tout simplement par ce que c’est le moment où il a eu un petit-fils qui avait le même sang que lui.
John se dit, maman Pauline mon amour pour toi ne s’éteindra jamais même au-delà de la Mort, John ne se désarma pas, mais cette situation poussa John à rechercher son père.
Il mena des investigations sur lui et découvrit qu’il était directeur commercial aux Brasseries du Cameroun dans la capitale économique du Cameroun, Douala. Pressé, sans rien connaître de cette métropole, il prit le train en couchettes dans la nuit de Yaoundé.
Au matin, il fut plongé dans l’univers bruyant, oppressant de Douala. La pluie tombait sans cesse sur les cala bottes bleues
Là fut le début de sa timidité.
Il faut dire que John est quelqu’un de très fragile et de très sentimentale, un enfant qui recherche l’amour, l’affection, des tendresses et la compréhension. Un enfant qui est toujours à la recherche de ce qu’il n’a jamais eu et n’aura peut-être jamais.
Les choses ne faisaient que s’empirer au jour le jour pour John et après ce malheureux incident et après mure réflexion, il décidait de vendre de l’eau à la gare voyageurs de Yaoundé afin de pouvoir payer ses études.
Un jour ne pouvait passer sans qu’il n’ait coulé une larme.
Il trouvait que le monde était plain d’injustice et que Dieu lui-même était injuste et méchant.
Il faut noter que John est un enfant qui est doté d’une grande intelligence et doué dans la technologie.
John découvrit qu’il était un conducteur automobile, sans jamais savoir moment il sut conduire entre temps il découvrit qu’il avait une grande passion pour la lecture et se fut là son passe temps préféré qui le cultiva car, il lit tout ce qui lui tombe sous la main.
En 1982 John eut dix-sept ans et le 12 septembre de la même année il présenta son permit de conduire qu’il récupéra deux mois plus tard.
Entre temps il sert à titre de chauffeur gratuit à monsieur Npéda Patrice qui occupe la fonction de chef de service de méthode et coordination à la Délégation Générale de la sûreté Nationale du Cameroun.
En même temps il donne des cours de répétitions aux enfants d’une personnalité qui lui donne une bonne rémunération, c’est ainsi qu’il commence à gagner sa vie.
Le 23 septembre 1983 au soir, aux environs dix-neuf heures John fut absent de la maison pour des problèmes de sono, car il était à deux jours de ses dix-huitièmes anniversaires et il lui fallait dont trouver une chaîne musicale pour la circonstance.
A son retour, John fut accueilli par son cousin Pierre Simon est âgé de 29 ans et il est le fils à la cousine d’Ernestine à qui monsieur Hans aurait donné tout pouvoir sur John et à force de taper avec violence tous les jours sur pauvre John comme si, John était un animal ou un ballon de foot et ceci sans que jamais que personne qu’il était entrain de le traumatiser, de ce fait Peter était devenu sa bête noire.
- John ! Viens ici.
- D’où sors-tu à une heure tardive ?
- Je suis allé voir monsieur Gabriel qui est notre voisin et qui possède une bonne sono afin de lui demander s’il pouvait prendre en charge l’animation musicale pour la soirée que je donnerais dans deux jour à l’occasion de mon anniversaire.
- As-tu oublié que c’est toi qui es chargé de dresser la table dans cette maison?
Tonna t’il de nouveau et sur ce, il le ceintura comme un vulgaire voleur et le déshabilla, le laissant nu comme à sa naissance et pendant ce temps il envoya chercher la courroie de voiture avec la quelle il avait l’habitude de le chicoter, puis tapa jusqu’à se fatiguer sur John comme si c’était un entraînement pour les Jeux Olympiques, Peter dégoulinait de sueur et avait le souffle coupé, entraîna John dans sa chambre et le fit entrer nu comme un ver de terre sous le lit à même le sol sur du ciment.
En sortant, il ferma la porte à clé et il partit.
Une heure de temps plus tard il fit de retour en compagnie de Céline sa petite amie puis ils se mirent à faire l’amour avec des cris de guerre comme des bêtes ou dans les films pornographiques, de telle sorte sa petite amie ce qui lui donna autant de virilité et de vivacité, il ne répondit pas à cette question.
Ce n’est plus tard, John comprit que c’est sa présence sous le lit qui le faisait fantasmer.
Toute la nuit durant, et sur tout que c’était la saison des pluies, sans drap pour ce protéger du sol ni couverture pour ce protéger du froid glacial de septembre à Yaoundé, John avait espéré que sa grand-mère viendrait mettre fin à cette torture inhumaine mais ces espérances furent vaines.
Le matin venu, Peter le sorti de là et dès qu’il fut dehors sa grand-mère l’appela :
- John
- Maman !
- Viens prendre à manger
Mais lieu de prendre cette nourriture que lui présentait sa grand-mère, John lui dit :
- Maman ce n’est pas de la nourriture dont j’ai besoins, mais plutôt d’un peu d’amour, un peu d’estime, considération, un peu tendresse, un peu de compréhension et un peu de respect.
Immédiatement il éclatait en sanglot car, il venait de comprendre que la liberté ne se donnait pas et ne s’acquerrait pas, mais qu’elle s’arrachait.
En hurlant il leur dit :
- Je suis très malheureux et mon cœur est plaint de tristesses, de mélancolie et de douleurs, mais plus jamais je ne permettrais plus à personne de porter main sur moi, et le cas contraire je me suiciderais et vous savez bien que j’en suis capable et d’autant plus que ma vie n’a plus de sens et plus d’importance à mes yeux.
Et depuis lors, tout le monde qui habitait dans cette maison avait commencé à respecter John.
Au mois de mai 1985, John fit la connaissance d’une femme dont il tomba amoureux.
Tout commença un matin où John sortit en voiture accompagné de son ami.
Arrivés à la SO.N.EL de Ndjong-Mélén :
- John, pourrais-tu me déposer quelque part après avoir terminé tes courses ?
- OK, pas de problème, Pablo.
- John, vois-tu ce que je vois là-bas ?
- Qu’y a-t-il ?
- Regarde à notre gauche. Ne vois-tu pas la 504 Peugeot bleue devant nous ?
Au moment où la dite voiture s’approchait d’eux, John remarqua la beauté d’une femme sans pareil à l’intérieur de la voiture ; il lui fit un appel de phares dans l’intention de l’interpeller. Elle obtempéra. John descendit de voiture et se dirigea vers la sienne :
- Bonjour Madame.
- Marie-Fotso. Que puis-je pour vous ?
- Je m’appelle John, Kenny John, et j’ai l’impression de vous avoir déjà rencontré quelque part : c’est pour cette raison que je vous ai interpellé. Votre visage ne m’est pas inconnu.
En 1996 John décida de ne plus travailler dans une société, un organisme, ni à la fonction publique encore moins chez un personnel.
Bref il voulait devenir autonome, en devenant son propre patron, mais John comprit que dans ce monde, nul ne pouvait réussir s’il n’avait pas d’argent ni de relations.
C’est ainsi que John décida de reprendre l’entreprise qu’il avait créé en 1985.
Mais pour cela il lui fallait avoir un fond de démarrage. Auparavant, et suite aux injustices sociales donc John avait été victime il s’était promit d’œuvrer pour le respect des droits de l’Homme afin que d’autre personnes ne soit plus victime de ce système qui n’était profitable qu’aux dynasties, aux personnes proche des membres du gouvernement ou du partie au pouvoir.
Il se demandait comment pouvait-il faire sans moyens financier, sans relations.
John ne disposait que de son courage et de sa persévérance.
Il décida donc de créer un parti politique. Il entreprit des démarches auprès des personnes qu’il connaissait afin de trouver des partisans pour ses idées.