Une silhouette svelte, gravissait les escaliers un par un, on pouvait apercevoir les liserons qui débordaient de la fenêtre en faisant de l’ombre et embaumant d’un air printanier l’intérieur de la maison.
Avant d’atteindre la dernière marche, Mélie Patson ôtait ses escarpins, madame Josiane la femme de ménage venant deux fois par semaine faire le nettoyage de la maison. Ses traits décelaient qu’elle avait environ une soixantaine d’années. Elle rouspétait pour un rien surtout à cause des taches de sodas incrustées sur la moquette rose mais on sait bien d’ou cela pouvait provenir le coupable n’étant pas très loin il n’était autre que Jason le frère de Mélie. En ce moment, il se prend pour un héro de bandes dessinées en se vautrant dans des costumes confectionnés à l’aide de sacs poubelle qui font toujours rire Mélie, vraiment il était d’un ridicule !
Il y à quelques mois de cela, Jason a basculé du toit du garage en rebondissant sur le berger allemand de monsieur Fernand il venait chaque fois se taper l’incruste pour faire la sieste dans leur jardin. Fenian eut sa revanche la trace de ses crocs faisait le contour de ses fesses. Pendant une bonne semaine Jason marchait comme un babouin.
Revenons à elle
Mélie ouvrait la porte de sa chambre qui se situait au fond du couloir. Dans cet endroit tout lui était différent, à douze ans elle croyait encore aux contes de fées. Au dessus de son lit nichaient des posters de ses chanteurs favoris, près de la fenêtre se dressait une coiffeuse en osier blanc offerte à l’occasion d’un de ses anniversaires, différents parfums y étaient déposés. Un magnifique rideau brodé frôlait à même le sol, on pouvait entrevoir de son balcon la ville Sainte-Chêne et plus loin encore. Mélie déposait son sac à dos sur son bureau en fouillant l’intérieur. Elle esquissait une grimace tout en rétorquant d’une voix sèche :
Mélie _ Ce n’est pas digne de moi en tâtant son front, je fais tous les efforts du monde mais ça ne sert strictement à rien je suis la pire des nulles. Comment font les autres ? que ne donnerai-je pas pour avoir la moyenne ! Encore une mauvaise note en math, un sur vingt je ne vais pas rechigner pour ça.
« A l’adolescence on se voit à travers les autres en s’oubliant soit même »
Mélie sortait de son tiroir un agenda celé par un cadenas pour qu’en aucun cas Jason y fourre son nez idem pour sa mère qui avait un malin plaisir de curiosité. Tous les adolescents ont une part de jardin secret gardait au fond d’eux même. Elle s’emparait des clés qui étaient dissimulées derrière le poster de sa star préférée, très belle astuce n’es ce pas ?
Tous les jours après l’école elle écrivait tout ce qu’il lui traversait par l’esprit, pour elle c’était une sorte de rituel.
Mélie prenait sa trousse en la fouillant de fond en comble. Elle tombait sur une gomme puis un taille crayon jusqu'à ce quelle trouve son stylo plume fétiche. Energiquement elle tournait les pages inondées de phrases, soudain elle s’arrêtait net sur une feuille blanche tout en réfléchissant lorsque aussitôt elle s’inspirait de ses propres pensées.
« Cher journal,
Cette lutte me désespère, car plus je grandis plus je m’éloigne des autres
J’ai l’âge que tout enfant à un jour, mais on dirait que le sort s’acharne sur moi.
On ne naît pas avec toutes les qualités requises. Ça n’aurais pas pu tomber sur cette saute de Barbara la plus populaire du bahut, elle est la meilleure dans toutes les matières, et pour les garçons n’en parlons même pas. Le plus génial dans cette histoire cet qu’elle a un rembourrage dans son soutien-gorge ce sont les filles de la classe que l’on surprit à mettre des mouchoirs dans son sous vêtement, pendant la récréation dans un lieu bien discret « les toilettes » La pauvre je la plains! En aucun cas il ne me plairait d’avoir ce genre de rumeur sur moi.
En ce moment, la conversation tourne autour de cette sainte nitouche, hélas cela ne durera que quelques semaines. Et oui, c’est moi la risée de l’école vu que je suis timide, on profite de ma gentillesse. Pour beurrer le tout j’ai aussi des problémes scolaires, à cause d’une dyslexie qui me donne plus de fil à retordre, dans mes études. Mélie Patson, est la seule à avoir ce genre de difficulté !
Ce matin, j’ai eu la honte de ma vie il y a eu à résoudre un exercice d’anglais, Monsieur Morin notre professeur de langue m’a interpellée. Victime des regards de tous, les garçons et filles me dévisageant je senti en moi une angoisse, mes joues s’empourprèrent et ma tête à moitié baissée tous les mots se mélangeaient .Or, je n’ai pu trouver la solution inscrite sur le tableau noir.
Le professeur ne comprenant pas ma situation, se mit à crier tout haut que j’étais une faignante que je ne me donnais pas la peine de faire un effort. J’ai eu les mains tremblotantes, et je regagnais ma place. Mes paupières baissée, je regardais le sol pour éviter, les moqueries de mes camarades.
A cet instant précis, j’aurais voulu que monsieur Morin se morde sa langue. Ce fut, pour ma part une journée inoubliable, doublée d’une humiliation en public.
Plus elle écrivait, plus elle vidait son cœur de sont mal être. Une heure plus tard, Mélie se mit à bailler, elle referma son journal intime, et aussitôt s’allongea sur son lit, puis s’endormit paisiblement.
La bouche à moitié, ouverte son petit nez en trompette bougeait à chaque respiration. Son journal intime, lui glissa des mains quand elle se mit à sursauter, en s’apercevant qu’il était 19 heures passées, sur le réveil posé sur sa table de chevet.
- Zut alors, je me suis assoupit !
Elle s’admira un court instant dans son miroir, redressa ses épaules en avant, sa peau halée ou figurait quelques taches de rousseurs, et elle évoqua tout haut :
- Si je pouvais être magicienne je changerai le monde à ma portée. Allez du courage, car je n’ai même pas commencé mes devoirs !
Mélie glissa son index, à l’intérieur de son cahier de texte à la date de mardi.
- Voyons voir ce qu’il y a faire ! Français mathématique etc….
Ses yeux décelaient la panique.
- Bon et bien, si je ne me met pas maintenant au travail, je ne les ferais jamais peut-être vais- je demander à mon frère lorsqu’il sera rentré de son match de foot , il ne faut pas croire qu’entre frère et sœur, on se fait toujours du chantage vu les bêtises qu’il fait et les milliers d’autres q’on a du étouffer, avant que notre mère rentre à la maison. Il y a toujours une justice, je mens pour couvrir Jason, et lui fait mes devoirs moi pendant ce temps là, je me la coule douce en regardant, mes séries préférées à la télé. En attendant au boulot.
Elle commença par la matière, qui lui semblait la plus facile à son goût. Mélie assisse sur son bureau, elle tapota des pieds. La main contre son front qui lui servait d’appuie, ses cheveux étaient ondulées, attachées par une queue de cheval de grands yeux bleus pétillants, décelaient quelques cernes de fatigue. Après un acharnement intense, Mélie ne fut pas capable de faire les deux tiers de ses devoirs. Enfermée dans son monde, elle s’évada pour échapper à un certain mépris, qu’était celui de sa scolarité.
Quand tout à coup, un bruit résonnait dans ses oreilles quelqu’un frappait à sa porte.