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Elle ne masquait toutefois pas la vétusté de cet hôtel particulier investi par diverses professions libérales. Mais cette vieille architecture permettait des hauts plafonds, et de grandes portes en bois, qui devaient ravir le Docteur Lefumaz. Il s’en dégageait une certaine classe, une respectabilité, que l’on n’aurait pas trouvées dans un quatre pièces d’un immeuble des années 70.
La carte de rendez-vous dans la main, je l’examinais encore une fois avec soin : c’était effectivement pour jeudi en quinze 16h45, comme d’habitude. Une éternité, et surtout un trou de plus dans ma collection. Le huitième.
Tout comme les vacances, je détestais ces congrès auxquels le docteur se rendait de temps en temps, et où je l’imaginais se pavanant parmi ses pairs, en sirotant des cocktails. Il devait sans doute y parler de moi, de mon « cas très intéressant », comme il disait, tout en piquant des olives avec un cure-dent.
Quand je me suis retrouvé dans la rue, la nuit commençait à tomber, comme tous les jeudis de novembre vers 17h45.
Deux cent dix-neuf.
J’avais 219 cartes de rendez-vous du Docteur Lefumaz pour le jeudi 16h45. Cette pensée a légèrement apaisé ma colère, alors que je répertoriais ma nouvelle acquisition dans mon calepin.
Voilà plus de quatre ans que je consultais ce charlatan, uniquement pour réunir cette collection unique. Je l’avais convaincu sans peine que j’avais un problème
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