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Corinne Lacroix

Projet Proxima
un texte de :

PROLOGUE

Le soldat s’est levé, ce matin là, presque content.  Il vient d’être promu tireur d’élite et cela, malgré sa modestie naturelle, l’emplit de fierté.  Il respire la brume légère et frissonne dans le vent glacial en regardant avec anxiété les nuages noirs s’approcher.  « Encore un temps de merde qui s’annonce », pense-t-il.  Il les scrute un instant puis jette un œil à l’horizon.  Derrière les remparts, tout paraît paisible mais il est certain qu’une activité intense se déroule en secret.  Il sursaute en entendant les exclamations de son colonel.
- Qu’est ce que c’est que ça, Soldat ?  Vous avez des jumelles ?
Le soldat regarde dans la direction indiquée par son supérieur et plisse les yeux en lui tendant celles-ci.
- On dirait quelqu’un qui court vers nous, répond-il calmement.
- Qu’est ce que c’est que ça ? répète son colonel en tentant de régler la distance.  Nom de dieu ! Nom de dieu ! S’exclame-t-il à plusieurs reprises.  On dirait un enfant.  Oui, c’est ça, c’est une petite fille qui court vers nous mais enfin, comment est-ce possible ?
Le colonel rend les jumelles à son homme et se met soudain à le tutoyer.
- Regarde, dit-il, tu as surement de meilleurs yeux que moi.
Le jeune homme s’empare de celles-ci et les ajuste.  Ses yeux lui ont valu le surnom ironique d’œil de lynx et c’est grâce à eux qu’il a eu sa promotion en tant que tireur d’élite.  En effet, il distingue, à présent, la petite fille en robe rouge, presque en haillons, courir, affolée, vers eux.
- Elle est poursuivie, s’écrie le soldat.  Par une femme…une femme qui tient une … une hache et elle essaye de… de frapper la petite !
- Une hache ! s’exclame le colonel en lui arrachant les jumelles des mains.
Ils se sentent tous deux impuissants devant la scène terrible qui se déroule, au loin, sous leurs yeux.  Soudain, un hélicoptère de la presse s’élève dans les airs et se dirige tout droit vers l’enfant et sa poursuivante.
- Les rapaces, hurle le colonel.  Tout ce qui les intéresse, c’est d’avoir un scoop.  Ils vont regarder cette enfant se faire massacrer et ils vont se contenter d’en prendre le meilleur cliché.
Le soldat avale sa salive avec difficulté et empoigne son fusil.  Il ajuste la lunette et regarde à nouveau.  Il parvient à distinguer le visage apeuré de l’enfant et celui terrible de la femme qui la poursuit, gagnant de plus en plus de terrain.
- Tire, lui dit son colonel.  Abats-la.
- C’est impossible, colonel, elle est hors d’atteinte.  Je risque de toucher la petite.  Il faut attendre qu’elles se rapprochent.
- Tire quand même, vas-y tire ! lui ordonne son colonel.   Sinon, de toute façon, la petite va mourir.
L’hélicoptère de l’armée s’élève enfin dans les airs lui aussi. 
- Ils se décident enfin, ces imbéciles ! s’exclame son colonel. 
- Ce sera trop tard, répond le soldat.  Ils n’auront jamais le temps de la sauver.
Il réajuste son fusil et tire, juste avant que la femme ne rejoigne sa victime.  Il pousse un bref soupir de soulagement lorsqu’il constate qu’il a atteint sa cible.  Mais la femme tombe lourdement, la hache en avant, sur la petite fille.
 
CHAPITRE 1

Vendredi 13 avril, 3h33.

Le navire de guerre « Otania » traverse depuis près d’une semaine un océan pacifique parfaitement calme jusque cette nuit où il est secoué par le roulis et le tangage et dérive au milieu de vents déchaînés.  Ce vieux bâtiment amorce son déclin, après d’innombrables heures de gloire et de luttes acharnées contre les lames démesurées.    Un violent coup de tonnerre le secoue soudain de la proue à la poupe tandis qu’une vague déferle sur le pont réveillant en sursaut le lieutenant Raphaël Stark.  Celui-ci ouvre brusquement les yeux mais ne distingue rien, alors que les objets ornant son bureau se fracassent au sol.  Il se lève d’un bond, heurte le plafond trop bas de sa couchette et se cogne à chaque paroi exiguë de la cabine avant d’atteindre, torse et pieds nus, le couloir.  Il hésite un moment à se lancer dans le gouffre sans lumière qui se présente à lui, lorsqu’un éclair salvateur illumine son chemin.  Le lieutenant Stark se met à c
 ourir sans réfléchir vers le pont pour sortir le plus rapidement possible lorsque le navire vire sans prévenir, le projetant la tête la première contre la cloison.  Sa nuque heurte violemment celle-ci et il sent sa conscience vaciller.  Il s’écroule dans une obscurité presque surnaturelle en percevant un sifflement continu dans les oreilles.  Ce n’est qu’au terme d’un effort surhumain qu’il parvient à se redresser et à rester un instant immobile en proie à un vertige qui s’estompe lentement.  Il perçoit alors le vacarme assourdissant de la carcasse prise soudain d’une violente secousse et il comprend que dans quelques secondes, le navire va se désintégrer et disparaître à jamais corps et biens.  Le lieutenant Stark a une pensée émue pour ses camarades, qui semblent toujours endormis, ignorant le sort qui les attend.  Un craquement sinistre, laissant présager cette fin si proche, se distille sournoisement autour de lui avant que le navire ne s’immobilise subitement.  Raph fournit un dernier effort désespéré pour se lancer vers l’escalier, sans grand espoir d’atteindre le sommet mais au beau milieu de la course, un sursaut de lucidité l’arrête dans son élan.  Il inspire profondément en observant la tempête qui gronde sur le pont, réalisant sans vraiment y croire que le navire ne semble pas sombrer comme il l’a d’abord cru.  Il prend alors le temps de réfléchir et comprend que l’idée de s’exposer ainsi à la fureur du ciel et de gâcher les minces chances qui lui restent de s’en sortir est absurde. 


Le Lieutenant Stark tourne finalement les talons et court vers la cabine du Sergent Cole pour tambouriner sur sa porte. 
- Réveillez-vous ! hurle-t-il, le bateau coule !
Le vent redouble de puissance et masque ses appels alors que le navire est à nouveau secoué par un tangage violent qui ne réussit plus à le déstabiliser et il constate avec satisfaction qu’il a enfin trouvé le pied marin.  N’obtenant aucune réponse, il passe à la porte du Sergent Martini, à côté de celle d’Olivier mais Pat, qui dort d’ordinaire d’un sommeil léger, ne réagit pas plus que le Sergent John Cash qui occupe la cabine contiguë.  Le Lieutenant Stark reste un instant indécis, se sentant idiot devant l’absurdité de la situation, avant de se résigner à revenir à la première porte.  Il se tient des deux mains dans l’embrasure étroite, recule de cinquante centimètres et plie la jambe droite pour poser le pied au milieu du montant.   Il donne un premier coup, brisant partiellement la serrure et redouble de force pour la défoncer complètement.  Il s’engouffre à l’intérieur de la cabine et tâtonne le long du mur à la recherche de  l’interrupteur qu’il est soulagé de sentir sous ses doigts.  La lumière jaillit comme par enchantement offrant le spectacle du sergent, profondément endormi à deux mètres de lui.
- Olivier,  réveille-toi,  crie-t-il en se jetant sur lui.
Il le secoue fébrilement sans obtenir de réaction.  Le corps du sergent Cole est inerte et son teint reflète une pâleur livide.  L’idée qu’il pourrait être mort effleure l’esprit de son supérieur provoquant chez celui-ci un début de panique avant qu’il ne perçoive enfin, avec soulagement, le mouvement de sa respiration.
- Oli, il faut sortir, insiste-t-il en le secouant énergiquement.
Le souffle de ce dernier est faible mais régulier et son visage semble serein mais une éternité s’écoule avant que le sergent Olivier Cole n’ouvre les yeux.  Il cligne des cils à plusieurs reprises et tente de fixer l’image qui s’impose à lui sans pouvoir reconnaître immédiatement l’homme occupé à s’agiter devant ses yeux.  Ses paupières semblent peser une tonne, sa tête est trop lourde pour qu’il puisse la soulever et sa bouche est pâteuse.  Il lui faut encore de longues secondes avant de comprendre où il se trouve.
- Que se passe-t-il ? réussit-il enfin à articuler en fournissant un effort désespéré.
- On coule ! répond Raph.  Lève-toi, dépêche-toi !
Cette information lui fait l’effet d’un électrochoc, le ramenant soudain à une réalité effrayante sans pourtant parvenir à provoquer le moindre mouvement.  Raph le secoue toujours, n’ayant aucune alternative pour qu’Olivier se décide à réagir.  Celui-ci a un haut le cœur et lui jette un regard suppliant en tentant de se concentrer sur le plafond pour oublier la soudaine envie pressante qu’il a de rendre son repas du soir.  Le lieutenant Stark perçoit finalement sa détresse et s’arrête brusquement.
- Olivier, qu’est ce qui t’arrive ?  Dépêche-toi, crie-t-il.
Olivier ne désire rien d’autre que d’obéir aux ordres de son supérieur mais ses gestes sont lents et désordonnés et sa respiration saccadée.  Ses yeux vitreux conservent une apparence inexpressive et il est à bout de souffle avant même d’avoir réussi à s’asseoir.   
- Ca va aller, Oli ? demande Raph s’inquiétant enfin de son état.
- Oui, je crois, murmure Olivier après quelques secondes. 
Après s’être assuré un instant qu’Olivier ne va pas à nouveau sombrer dans les bras de Morphée, Raph se résigne à le quitter un court moment, le temps d’enfoncer les portes des cabines de ses deux autres sergents.  A sa grande surprise, il trouve les deux hommes dans un état semblable à celui d’Olivier et éprouve les mêmes difficultés à obtenir d’eux une réponse adéquate à ses ordres. 


Olivier essaye de se tenir debout mais sent ses jambes chanceler.  Il concentre toute son énergie dans des membres inférieurs qui semblent ne plus vouloir lui répondre.  S’il n’était pas l’homme solide qu’il est, il se découragerait peut-être s’imaginant être victime d’un quelconque fléau ou d’un empoisonnement mais il tente de ne pas perdre son sang froid et réussit à contrôler le tremblement qui le secoue de la tête aux pieds.  Réunissant toutes ses forces, il fournit un ultime effort pour se redresser et doit réprimer le vertige qui œuvre pour anéantir celui-ci.  Il attend quelques minutes, debout, hébété, faisant passer par un renvoi bruyant l’envie de vomir.  Il se met lentement en mouvement en sentant avec soulagement ses membres se dégourdir peu à peu.  Il se dirige vers le corridor où il rejoint le lieutenant qui attend, intrigué, le rassemblement des trois hommes.  Ceux-ci sont pâles et hagards et leurs regards reflètent principalement de l’incompréhension.  Raph sent monter une brutale fureur face à leur apathie et doit se maîtriser pour leur parler d’une voix calme.  Il  leur donne des ordres précis, dans l’espoir de provoquer un sursaut. 
- Habillez-vous chaudement.  Olivier, va chercher les hommes.  Pat et John, rassemblez tous les gilets de sauvetage que vous pourrez trouver.  Je vais demander à l’équipage ce qu’ils envisagent de faire.  Je suppose qu’ils sont mieux préparés que nous à ce genre de problème. 
Raph les regarde se diriger en titubant vers leurs cabines sans pouvoir réprimer l’agacement qu’il ressent en ayant l’impression d’être à la tête d’un escadron de limaçons.  Il se résigne pourtant à les quitter quelques secondes le temps de se vêtir chaudement avant de les rejoindre en courant sur le pont. 


A l’extérieur, les rafales de vent leur fouettent le visage et contribuent à achever de les réveiller.  John pousse un hurlement lorsqu’il glisse et se sent happé par une vague.  Il est sauvé in extremis par Raph qui le rattrape par le bras et le hisse vers lui avant qu’il ne passe par-dessus bord.
- Agrippez-vous à ce que vous pouvez trouver, ça glisse ! hurle-t-il.
Il éprouve un soulagement de courte durée lorsqu’il aperçoit le médecin apparaître dans l’embrasure de la porte.
- Lieutenant,  que se passe-t-il ? s’écrie celui-ci affolé.
Il ne reçoit aucune réponse à sa question tant elle paraît stupide.    Raph se précipite vers l’avant du navire pour tenter d’identifier la cause du désastre.  L’Otania vient de s’encastrer sur un récif et accuse à présent une inclinaison inquiétante.  Les cinq hommes se sont cramponnés tant bien que mal tandis que les rafales s’écrasent sur le pont, leur coupant le souffle à chaque instant.
- Où est le capitaine, où sont les matelots ? hurle Raph aux quatre hommes.
Ils tournent la tête vers les canots de sauvetage et découvrent avec effarement leur disparition.
- Rentrons,  crie Raph en les poussant vers la porte.
Les quatre hommes se précipitent à l’intérieur sans se faire prier, ravis de se retrouver à nouveau au sec.  Dès que Pat et John ont fini de lutter contre les rafales de vent pour fermer la porte, ils se dévisagent immobiles, hébétés, dégoulinants, sans prononcer une parole.  Leurs oreilles bourdonnent encore du vacarme de l’extérieur et le silence qui a pris sa place siffle dans leurs oreilles.
- L’équipage nous a abandonnés, lance enfin Olivier à la stupéfaction générale.
Un bref moment de panique s’installe avant que Raph ne parvienne à calmer ses hommes. 
- A mon avis, les marins ont quitté le navire depuis belle lurette.  Ce n’est certainement pas dans cette tempête qu’ils sont partis à bord de ces canots, décrète Raph.  Allez voir si nos hommes sont là et dans quel état, moi je me rends dans le quartier des officiers.
Ils courent jusqu’au dortoir pendant que Raph se dirige, seul, vers les cabines luxueuses pensant trouver ceux-ci, abandonnés par leur équipage et profondément endormis.  Lorsqu’il atteint son but, il comprend que ce n’est pas le cas.  Les cabines sont vides d’occupant et les portes de celles-ci battent au gré des mouvements saccadés du navire.  Raph en sort plus inquiet qu’avant son entrée lorsqu’il voit Pat courir vers lui affolé et à bout de souffle. 
- Les hommes sont là, crie-t-il, mais ils sont profondément endormis et même en les secouant, on n’est pas parvenu à les réveiller.
- Ils ont apparemment été drogués,  lance le médecin arrivant sur ses talons.
Raph regarde ses deux interlocuteurs en fronçant les sourcils avant de suggérer de se mettre  à l’abri pour attendre le lever du jour.  Ils se dirigent, penauds et hagards, vers le réfectoire dans lequel, à leur grand soulagement, l’électricité fonctionne toujours.  La pièce est instantanément illuminée et un silence étrange s’installe parmi eux.  Seules les rafales du vent et le bruit des vagues continuent à gronder derrière la porte mais le navire semble toujours stable.
- On va attendre le lever du jour, ici, décrète finalement Raph.  Je ne vois vraiment pas ce qu’on pourrait faire de plus pour l’instant ! 
C’est à ce moment qu’il réalise que l’un d’entre eux manque à l’appel.
- Où est Olivier ?
Tous se dévisagent étonnés sans pouvoir apporter la moindre explication.  Raph est persuadé d’avoir vu son sergent se précipiter avec eux dans leur direction.  Il espère surtout qu’il n’est pas sorti sur le pont sans rien dire et passer par-dessus bord, sans que personne n’en sache rien.  Il essaye de se rassurer à l’idée qu’Olivier n’est pas un inconscient et qu’il n’agirait jamais aussi imprudemment mais il ne peut s’empêcher d’être intrigué par cette attitude qui ne lui ressemble pas.  Il sort du réfectoire, guettant le moindre mouvement et est soulagé de le voir arriver en courant. 
- J’ai… j’ai fait le tour du bateau pour vérifier qu’il n’y avait personne d’autre à bord, déclare-t-il essoufflé.
- Et tu as trouvé quelqu’un ? interroge Raph surpris par son ton hésitant.
Il prend un instant avant de répondre, en se dirigeant vers les autres qui l’attendent devant le réfectoire.
- Non, non,  il n’y a plus … personne à bord.
Cette dernière réflexion provoque un nouveau moment de stupeur parmi eux tandis qu’ils rentrent dans le réfectoire en observant un silence de mort.  Ils sont stupéfaits par la situation désespérée dans laquelle ils sont  plongés si brutalement.  Quelques heures auparavant, ils voguaient insouciants sous un soleil éblouissant et à présent, ils voudraient se réveiller rapidement de ce mauvais rêve. 


Le navire semble stabilisé mais il est impossible de deviner combien de temps il va tenir et les heures s’égrènent lentement avant le lever du jour.  Raph observe les trois hommes qui malgré le péril se sont rendormis progressivement.  Il secoue doucement l’un des trois sergents sans obtenir de réaction.  Seul le docteur reste éveillé comme lui, l’épiant discrètement avant de finir par briser le silence.
- Ils ont sans doute été drogués eux-aussi, lui dit-il.
Raph ne sait si ce qui le surprend est l’affirmation du médecin ou son ton anodin.  
- Je suppose, répond-il, mais pourquoi ?
- Je l’ignore, lieutenant.
Raph s’assied en face du médecin et le regarde un moment sans répondre.  Si ses hommes ont été drogués comment se fait-il que le médecin et lui-même aient été épargnés.  Le docteur semble lire dans ses pensées et devance sa question.
- Je … ne suis pas descendu dîner, hier soir, lance-t-il, et vous ?
Son interlocuteur fronce les sourcils en réfléchissant, un moment. 
- Moi bien !  J’ai mangé, un peu de poulet et de la salade mais je me souviens maintenant qu’il y en a qui ont trouvé que ça avait un drôle de goût.
- Peut-être êtes-vous très résistant aux somnifères, réfléchit le médecin tout haut.
Cette suggestion les plonge tous deux dans la perplexité ; s’ils peuvent comprendre la manière dont cela s’est produit, ils n’ont aucune idée de la raison. 
- Je ne sais pas combien de temps l’Otania va pouvoir tenir ainsi.  Je me rends au poste de pilotage pour tenter d’envoyer un SOS, décrète-t-il finalement en se levant et en se dirigeant vers la porte.
Le docteur l’approuve sans pour autant souhaiter l’accompagner.  Il sait que Raph doit à nouveau s’aventurer sur le pont glissant et détrempé et il suggère qu’il vaut mieux qu’il reste près des hommes pour surveiller leur sommeil en attendant le lever du jour.   Raph ne tente pas de lui faire changer d’avis et se précipite vers le poste de pilotage.  Il a un mauvais pressentiment.  L’idée d’envoyer un message de détresse l’a effleurée mais il ignore la raison pour laquelle il ne se fait aucune illusion sur le résultat.  Il n’est pourtant pas préparé au spectacle qui s’offre à ses yeux lorsqu’il pousse la porte. 

© Conselia 2009

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