Edification
Le premier miracle de Saint Gobbo
D’après un document de l’abbé de Saint- Paradou dans ses notes préliminaires à une Vie des saints des premiers siècles
L’aube se levait à peine sur la colline qui dominait la mer, en contrebas, par delà les rangs d’oliviers descendant en pente douce jusqu’au rivage, et entre lesquels les paysans-pêcheurs du lieu cultivaient des légumes dans des cuvettes peu profondes qu’ils avaient aménagées, et qui retenaient l’eau, versée avec parcimonie dans cette aridité prospère de la Gaule transalpine. Il s'était levé dès avant les premières lueurs du jour, et avait procédé à ses ablutions matutinales dans la pierre creusée qui, posée sur deux grossiers corbeaux pris dans l’épaisseur du mur, tenait lieu tout à la fois d’évier et de lavabo, pour peu qu’un des occupants de l’humble logis ait pris la peine de remplir la cruche de terre couverte sur son arrondi, à l’endroit où le col fait sa jonction avec le corps, d’une engobe verte. Cette tâche incombait ordinairement aux deux femmes de la maison, comme toutes les activités domestiques, ainsi que l’entretien d’un jardinet qui fournissait les légumes qu’ils consommaient, et d’une basse-cour modeste, mais comprenant cependant un rare spécimen d’anas tyrannus,
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