…A un certain moment, qui est le plus ancien de toutes les volontés, le seul et unique souvenir du néant…, Dieu a choisi d’exister pour nous, et a créé la toute première émotion de tous les temps, qu’on a appelée, « Amour ». Il aima alors ses créatures, et œuvra en fin la raison de cette existence qu’il appela « être humain ».
depuis cet instant, toute la création s’inspire du premier amour, pour vivre, pour apprécier les éléments, pour atteindre le bonheur et acquérir la force…, le chat aime ses petits, l’univers adore les étoiles, la nature aime l’homme ainsi que toute les autres créatures ; Nous aimons notre créateur sans même le voir, car on sent très franchement, cette chose en nous qui lui appartient, l’amour nous révèle que c’est lui… et personne d’autre sauf lui… . Les mères adorent la souffrance pour nous mettre au monde, et la première chose qu’elles font, après avoir réussi à nous offrir le premier jour, c’est sourire, en oubliant tout ce qu’elles ont enduré, seul l’instant présent comptait pour elles…, l’amour est alors devenu une importance, sans lequel la vie n’aura plus de sens…, j’avais toujours dis, et je dirai jusqu’au dernier jour, que ce sentiment est la plus belle chose que Dieu a créée, et le merveilleux présent que l’homme a reçu.
Cependant, on a préféré enterrer tous ces trésors, ne garder que le titre, et de confondre le précieux avec les besoins et les désirs..., à chaque fois qu’un garçon rencontre une belle fille, il dit : (que je l’aime !), à chaque fois qu’une fille croise quelqu’un qui ressemble à son acteur préféré, elle n’hésite pas à dire : (que je l’aime !) ; et ainsi, jour après jour, on a commencé à tout mélanger, à voir le même garçon qui croyait aimer sa compagne, la quitter pour une plus belle ; et que la même fille qui prétendait aimer cet homme de ses rêves, se trouve en pleine routine avec lui, et demande pourquoi il ne suscite plus son attention comme le vieux beau temps... .
L’amour est transformé en une simple mode, un idéal qu’on cherche, et puisqu’on ne trouve rien, on le fait passer sous forme de désirs, ou besoins, s’évaporant une fois satisfaits…en attendant qu’ils se renouvellent.
Est-ce que j’aimais Sarah ?, elle m’a déclaré son amour, elle m’a dit franchement que c’était moi qu’elle aimait, c’était la première fois qu’une fille me dît : (je t’aime) ; l’histoire s’est achevée comme elle avait commencé, par des saluts, emportant des odeurs d’adieu, de mélancolie profonde, mais qu’on appréciait ; d’une larme révélant les non dits, les non faits, les non vécus… . Elle était face à moi, je savais qu’elle cachait une profonde envie de pleurer, de se jeter dans mes bras, de crier, et crier, sans limite…, juste pour me demander… pourquoi ?, pourquoi cette conviction qui m’a soudainement gouverné, a-t-elle brisé son cœur ... ? ; J’avais laissé Sarah devant mon Dieu, comme me l’avait dictait ma conviction ; mais…, est ce que j’ai bien fait ?, est ce vraiment ce que Dieu aurait voulu que je fasse, était-il un amour pur, libre, naturel ; ou n’était ce qu’une simple divagation d’un cœur, empo
rté par la routine des besoins.
L’autre en nous, ce quelqu’un qui nous hante, ce reflet idéal à notre âme, fait pour nous… ; il a existé depuis le premier battement de nos cœurs…, nous le portons en nous, durant tout notre parcours dans cette vie ; on porte son âme, son sens, on ne connait ni son image, ni sa forme, mais on continue à le chercher, car c’est lui, notre autre perdu. Il y en a qui le trouvent, il y en a qui cherchent encore, et il y en a aussi qui meurent sans même se rendre compte qu’il a existé… .
Je sais très bien qu’à force de chercher, sans rien trouver, on sent cette envie soudaine de s’arrêter, de tout arrêter, de refermer les yeux, et les ouvrir enfin sur l’autre perdu…, Dieu nous demande d’attendre, car il est le seul à savoir où se trouve notre amour ; à l’instant même où tes larmes coulent sur son absence, l’autre en toi pleure aussi, dans l’autre bout du monde. Mais ton inventeur veut que tu attendes, il veut que tu lui demandes de l’aide, juste de lever les yeux au ciel, sentir ses empreintes, contempler leur beauté, avouer sa puissance, et adorer sa présence.
A mon retour, j’ai utilisé la voie la moins fréquentée, devant moi s’étendait un horizon lointain, glorifiant un soleil complètement timide ; le ciel, les nuages, les oiseaux, tout le monde observait avec moi cette rencontre…nue…; ce tableau était une œuvre du « tout parfait », qui a voulu qu’un soleil, ne connaissant ni bien fait ni péchés, sente la timidité des rencontres, et peut être un trac reflété par une simple couleur rouge, à chaque fois que le rendez-vous s’approchait… .
Une voix si vielle coupa cette divagation, invitant les gens à prier, à prendre un petit répit d’une vie qui n’attendait personne pour continuer…
J’ai posé en toute tranquillité, mon front sur le sol, je voulais tout oublier, je voulais lui parler, lui dire que j’ai fait énormément de fautes, de péchés, de choses ne sachant de quelle catégorie ils sont, je voulais lui dire que je suis seul, que je n’ai plus personne sauf lui, que j’étais confus, perdu, au fond d’une vie qui ne me laissait même pas le temps de réfléchir, je voulais lui déclarer, que je l’aimais…. Je me rappelle que j’ai pleuré, j’ai beaucoup pleuré, je voulais rester comme ça, sous son trône sous sa grandeur, dedans son éternité ; juste sentir le fait qu’il me comprenait, sans que je dise un seul mot, juste lui demander : « est ce que vous m’aimez…… ? »
J’ai continué le chemin sans Sarah, mes larmes me rappelaient cet océan que cachaient ses yeux bleus, elles me rappelaient cette première fois, qu’on ne peut jamais oublier …. c’était un chapitre qui s’est achevé, conformément à la volonté de l’auteur…, j’imaginais souvent qu’un jour, quand ma tête serait toute blanche, et que les rides auraient tracé sur ma peau tout un souvenir, et toute une nostalgie …, je serai là, à apprécier ces rayons de soleil, ou à contempler une mer vide sans vagues, et que soudainement, je souris, tout seul , sans rien, et sans personne…
C’était 7h30 du matin, quand je suis arrivé auprès du centre commercial. J’avais à la main un master en économie, deux diplômes de langues, et une feuille où j’avais écrit quelques lignes concernant mes motivations… c’était pour combler un certain vide étrangement présent malgré tout. Je devais attendre l’ouverture prévue à 8h, un vieux était assis non loin de moi, il portait l’uniforme connue des concierges, et comme j’adorais bavarder avec ces gens simples, je me suis assis à côté de lui, et on a commencé à parler comme des anciens amis. En me proposant du thé, il continuait à parler de ses légendes. Il m’a dit qu’il était licencié en langue arabe, que c’était le vœu de ses parents, mais lui, rêvait de devenir marin, il adorait la mer, les océans, il aimait parcourir des chemins, défier des vagues, frôler la mort, vivre en équipe, passer des nuits, à ne rien faire que contempler les étoiles…. quand il parlait, ses yeux étaient fixés vers nulle part, il prenait tout son temps en laissant filer un silence signifiant au bout de chaque phrase. Sa voix me faisait souvent croire qu’il allait pleurer, mais ce n’était qu’une façon de parler. Maintenant qu’il vivait ses soixante dixième années, et après toute une vie derrière lui, il avait un diplôme en poche qui n’a servi à rien, des parents qui ont décidé un jour à sa place, et décédés après, sans rien laisser à leur traces, un rêve d’être marin qui s’éteignait jour après jour, emportant avec lui des chemins et des détours, ne gardant qu’une simple odeur d’enfance, et des envies anciennes d’avoir un jour de la chance...
Je l’ai remercié pour le thé, et je me suis dirigé vers le centre qui venait d’ouvrir ; j’ai songé un instant à tout ce qu’il a raconté, et j’ai compris que parfois, il vaudrait mieux accepter les choses telles qu’elles sont, que de chercher à en avoir des explications.
Après une heure d’attente, le directeur des ressources humaines était enfin arrivé. Il m’a accueilli sans me parler de son retard, pourtant il m’avait fixé un rendez-vous à 8h, mais je n’étais pas en position de parler de quoi que ce soit. Sans trop tardé cette fois, il m’a dit qu’il avait bien étudié mon CV, mais qu’il était désolé de n’avoir pu accepter ma demande de recrutement. Dans moins de 10 minutes, le rendez-vous était terminé ; je suis sorti, sans rien dire. Le vieux était encore là, absorbé dans le silence… ; il s’imaginait surement à ce moment là, en train de piloter son navire, et d’apprécier cette odeur secrète de l’univers, qui éveille chez nous cette envie endormie depuis toujours, de partir…de s’enfuir vers la nature… où tout est possible sans la moindre complication.
J’avais déposé des demandes de recrutement partout, mais bizarrement, je n’attendais plus avec enthousiasme les réponses. Mes parents étaient toujours contre l’idée de travailler alors qu’il y’avait encore possibilité d’étudier, mais ce que certains parents ignorent, ou préfèrent d’ignorer, c’est qu’il n’existe point un jeune au monde, qui ne cache des besoins infinis, des contraintes secrètes, qui ne sont jamais révélés à qui que ce soit. Il faut dire que si un jeune homme a renoncé très tôt à un amour, alors qu’il en avait le plus besoin, et que si le musulman a été devant l’autre obligation, de se priver de n’importe quel façon d’épanouir ses désirs, même la solitaire, alors il faudrait un miracle pour assimiler une logique à cette vie. Est-ce que la solution est le monde de travail ? Personnellement, je demande une alternative bien convaincante. Je voulais vivre le monde, je voulais me déchainer de toutes ces choses
insignifiantes, de toutes ces heures oubliées dans l’incertitude, et de ces obligations dont je n’ai jamais compris la raison…
Elle était très populaire, très connue, et avait la réputation de bien payer ses salariés. Au début, quand on m’avait invité à passer l’entretien, l’entreprise était en mes yeux, le futur endroit où j’allais grandir. Nous étions cinq à vouloir le poste, et j’ai été le seul élu parmi eux. Rien ne me laissait croire qu’après avoir décroché un poste de 8200DH/mois, j’allais volontairement le quitter pour revenir au vide d’où je venais. A l’instant même où j’allais signer le contrat, j’ai jeté un coup d’œil sur une clause, qui affirmait que l’entreprise connue de limonade, faisait des sous traitance en faveur d’une firme multinationale d’alcool. Un gérant m’avait expliqué cette clause d’un air certain, (comme un professeur), et j’avais cette envie aussi étrange, de filer, (comme un étudiant…).
Cette nuit là, je me suis disputé avec mes parents, ils étaient furieux quand ils ont découvert que j’envoyais des demandes de recrutement. Mon père grondait, criait, sortait même du sujet parfois. Je ne savais pas exactement qu’est ce qu’il me reprochait, je suis resté muet, au milieu d’une terrible incompréhension. De toute façon il voulait que je termine mes études jusqu’au bout, mais les arguments lui échappaient.
Les parents sont obligés d’orienter leurs enfants, je crois que c’est ce que les miens essaient de faire avec moi ; en fermant la porte de ma chambre, je savais qu’ils m’aimaient, qu’ils voulaient tout simplement que je sois quelqu’un de meilleur, mais manquant juste de la bonne manière.
Dieu nous a demandé de les obéir, mais n’a jamais interdit qu’on leur parle de ce qu’on sent vraiment…, mon problème c’était que je voulais leur dire ainsi qu’à tous les parents du monde : « si vous maintenez un rapport autoritaire entre vous et vos enfants, ils ne vous parleront jamais de ce qu’ils sentent vraiment… » .
J’étais devant un lac, au milieu d’une vaste forêt oubliée dans la nature. Je me suis absenté pour un moment, pour vivre seul en silence d’âme et du sens. Les lieux étaient vides de tout intrus, sauf moi, qui connaissais le langage de l’univers. Les gens n’auraient certainement pas tenu compte de cet endroit quand ils formaient la carte du monde, c’était une nouvelle existence cachée sous de nouvelles dimensions. J’ai été assis sur un rocher, je tenais un livre un peu volumineux, que je ne lisais pas. J’observais minutieusement les gestes des végétaux, en parfaite harmonie avec la musique du vent.
Elle est apparue, comme l’autre fois, sans le prévenir. Elle nageait comme un poisson dans le lac, mais elle était … exceptionnelle. Pour un bon moment, j’ai cru que c’était elle qui commandait toute la symphonie, et je devrais avoir raison. Elle ne créait point de perturbations, quand elle bougeait… elle était le vent, la fleur, les arbres géants… elle était presque toute la région ; seul sa présence était capable d’annuler toutes mes lois, et de changer toute ma philosophie… .
Je n’ai j’aimais pu repérer son visage, ses cheveux longs trompaient à chaque fois mes curieuses tentatives, de la démasquer… de toute cette distance qui la protégeait…. C’était la deuxième fois que je l’avais vue, et je crois sincèrement que c’est la dernière. En s’éloignant dans les eaux, vers nulle part…, elle traçait un long parcours qui n’avait par la suite aucun sens, s’évaporant tout en ignorant sa destination, pour laisser de la place, à de probables traces… .
Derrière ces éternelles collines présentes à perte vue d’elle, s’étendait sans doute l’absolue fin des mondes….
Etait-ce mon autre perdu ?, aurais-je la chance de rêver encore une fois ce rêve inconnu, qui ne s’est manifesté que deux fois seulement dans ma vie ?, aurais-je le courage cette fois, de plonger dans le lac et de partir avec elle…, démissionner de là où je venais, et faire ce mystérieux voyage derrière les collines… ? ….
Là-bas, Les gens étaient silencieux, tout le monde était plongé dans les feuilles, on n’entendait que les bruits presque inexistants que dégageaient les pages tournées. J’avais ce pressentiment curieux, que cette bibliothèque renfermait tout un trésor. Je me suis trouvé une place sur une table de deux personnes; et j’ai commencé à feuilleter mon livre d’économie. Face à moi, une jeune fille voilée lisait un livre de psychanalyse, j’ai eu cette envie naturelle d’avoir en main un titre aussi signifiant. L’odeur des livres, venue de partout, apportait avec elle cette lumière invisible de toutes les cultures et sciences du monde, c’était un lieu de rencontre de l’ensemble des lois gouvernants cet univers. J’ai passé un lent moment, à me noyer à mon tour dans les lignes, et à jeter mes regards timides, vers ces endroits où tout va bien…
J’ai remarqué que la jeune fille avait changé de place alors que j’étais emporté par ma lecture de tous ce qui se passait autour de moi, mais le livre de psychanalyse était toujours là, ouvert… au milieu. J’ai repris ma lecture avec toute la tranquillité des premières émotions.
Quand je m’apprêtais à sortir, j’ai voulu jeter un coup d’œil sur le bouquin abandonné sur la table, mais surpris qu’il n’était plus là, il était rangé sur une étagère, et la jeune fille était toujours à l’autre place qu’elle n’avait quitté depuis son dernier déplacement.
Ces détails passent en des fractions de secondes, mais restent coller à l’esprit sans la moindre raison….
En sortant de la bibliothèque, j’avais en tête la réponse. Je me suis rappelé alors de cet homme qui m’avait posé la question entre toute la foule présente ce jour là. Je parlais de Dieu, j’avais défié de donner une logique à toutes les questions interdites, mais qui reviennent souvent à nos esprits, pour perturber notre conviction. Certains recommandent de les chasser, mais j’ai décidé ce jour là d’en donné la logique.
Il avait 18 ans, en m’interrompant, il a tout simplement dit : « …et qui a créé Dieu ? »
Si j’étais seulement passé à la bibliothèque avant cette question, je l’aurais peu être répondu…
Si ce monsieur était moi, et avait soudainement remarqué, que le livre de psychanalyse était rangé ; alors que la jeune fille qui le lisait, avait changé de place en le laissant ouvert sur la table… ; quelle serait sa question ? En partant de la logique, il dirait : « qui a déplacé le livre qui était sur la table ? ». Mais pourquoi ne demanderait il pas : « qui a déplacé la jeune fille qui était sur cette table ? ».
C’est là où réside toute la réponse, le livre n’a pas la capacité de se déplacer seul, donc la première question serait tout à fait logique. Mais quand on demande à connaitre qui a fait déplacer une personne possédant déjà cette capacité ; la question serait complètement illogique.
Je devais lui dire qu’en demandant à savoir qui a créé Dieu, alors qu’il possède déjà cette capacité, que sa question était totalement insensé. Que celui qui a créé les étoiles, les cieux, les terres, les océans… était simplement capable d’inventer cette loi qui nous gouverne, qu’on appel (début et fin).
Sur le chemin, j’ai observé le ciel, il était bleu, vaste, sans limite… ; il semblait connaitre son créateur. Il voulait me révéler d’innombrables secrets, me raconter son existence, ses histoires infinies, ce qui s’est passé sous sa largeur... ; il voulait me dire qu’après toutes ces merveilles, auriez-vous encore besoin de cherchez une logique ?...
Les endroits étaient vides, seul de pauvres chiens circulaient, et ramassaient les ordures ménagères des hommes qui étaient là depuis quelques instants. J’ai posé ma petite serviette sur le sable mouillé, et je me suis assis face à la mer déserte. Les premières étoiles commençaient à s’illuminer dans le ciel, les nuages formaient des dessins méconnus, et parlaient un langage curieux, que personne ne comprenait. Les silhouettes faisaient leur prière miraculeuse, et adoraient en commun leur créateur, sans se plaindre, ni chercher à en comprendre la raison…, elles nageaient dans le firmament, flottaient sur le vent, vivaient en paix, par amour, et sans complication….
J’ai été tout simplement, devant une nature nue ; des espèces sans masques, des vivants perdues…mais très fidèles ; des heures oubliées dans le silence, et des regards racontant des merveilles. On dit qu’au fond des minuscules il y a des mers, et que les moments agréables ne sont jamais durables ; on dit aussi que le petit est roi, que la simplicité parfois, peu changer certaines lois. Devant moi se présentait des sentiments évaporés, des signes de puissance que l’habitude a enterré ; un jour fier d’être venu, un sourire claire sans difficulté ; un amour…pour rien d’autre que l’amour….
Une petite pensée m’a suffit pour comprendre, qu’un jour, quelqu'un nous a aimé, et nous a inventé… ; il y en a qui cherchent loin, alors que c’est tout prés…
La tente voisine à la notre organisait une petite fête à l’occasion de l’anniversaire de leur petit fils, ils nous ont invités alors pour se rejoindre à eux. Je savais qu’à ces événements, il se passe souvent des choses contraires à ma conviction, je voulais m’absenter, et rester invisible cette nuit là, mais le destin voulait un autre scénario.
Je l’ai invitée à danser, elle n’a pas dit non, son visage dégageait une certaine joie secrète, le mien était un peu confus, sans aucune signification… ; j’ai oublié le monde et les voix autour de nous, je n’entendais que les battements de nos cœurs, qui dirigeaient nos pas timides, et ponctuaient notre rythme un peu hasardeux. On évitait sans aucune raison de laisser se croiser nos regards, mais cela était impossible.
La puissance de la nuit nous absorbait, les deux âmes se sont libérées, pour voler avec les nuages, et parler leur mystérieux langage.
Pourquoi ma conviction ne s’est elle point manifesté cette nuit là ? Pourquoi elle a choisi de se montrer un jour, pour annuler toute une histoire qui commençait à graver ses premières lignes? Et de s’absenter carrément un autre jour, pour laisser la confusion faire ses petits tours.
C’était la dernière fois que j’aie vu cette fille, je ne connaissais d’elle que le prénom, et rien d’autre…, c’était un chapitre qui s’est achevé, conformément à la volonté de l’auteur…
Avant de me coucher, j’ai songé un petit instant à tout ce qui m’arrivait. Si cette nuit là était la dernière de ma vie, aurait elle valu la peine d’être vécue ?
Etais je un bon musulman ? Etais-je l’homme bien que Dieu aime ?
J’ai tant cherché la réalité dans ma vie, et je ne l’ai trouvée qu’avec lui ; serait-il fier de moi ?
Depuis cet instant, où Dieu a dit aux anges qu’il allait créer un être humain, ils étaient étonnés, et lui ont demandé la raison en toute pudeur, puisqu’ils sont là à ne jamais le désobéir. Dieu a répondu qu’il connaissait très bien la raison de cette création. Si les anges sont faits pour adorer le bon Dieu sans jamais le contredire, il a voulu leur présenter une autre œuvre… ; qu’il allait créer un homme mais lui offrir le processus de décision qu’aucune autre espèce n’a eu l’honneur de recevoir ; seul l’homme aurait ce pouvoir d’obéir ou non à son créateur. L’homme est ainsi créé, et à chaque fois qu’il commet des fautes, et retourne au bon Dieu pour demander le pardon, le seigneur dit à ses anges : « est ce que je ne vous ai pas dit que je connaissais très bien la raison ? »
Mais le monde aujourd’hui, a totalement changé. Les gens ont d’autres priorités que d’adorer le bon Dieu, et déchiffrer les signes clairement présents dans l’univers. On a sali cet honneur d’être les seuls à avoir la décision, et enterré ainsi par la dite civilisation, la raison initiale pour laquelle on est vivant.
Etais-je l’homme digne de l’honneur d’être un homme ? Serait-il fier de moi ? Est ce qu’il m’aimait au moins ? De toute façon, personne ne pourrait jamais répondre…