Du tréfonds de l’aurore d’un soir apathique
Où les girouettes huèrent le vent impudique
Qui leur fit tourner la tête, de toute sa musique
Je clame, déclame, réclame mon amour pour toi
Par delà ce désert habillant mes dunes ensablées
D’un voile magique, éparpillant ses grains pilés
Au hasard des oasis aux mirages mutilés
Je crie, décris, réécris ma passion pour toi
Au-delà du vol de l’hirondelle printanière
Que ne fit point l’été, même pour une prière
Pour parachever son œuvre primesautière
Je hurle, beugle, hennit mon attachement à toi
Tel un cheval harnaché ou une vache en rut
Un faucon appâté par du champagne brut
Une gazelle qui tourne en rond-de-jambe, sans but
Je surine, susurre, gazouille ma folie pour toi
Que te faut-il donc pour être pleinement convaincue
Que je ne saurai mettre un pied devant l’autre sans ton appui
Que mes pauvres vers éjaculés à l’ombre de mes nuits
Ne sauraient point traduire la passion qui m’arrime à toi !
Pitié, cruelle Alexandra, pour mes soixante deux printemps
Ou devrai-je dire automnes, le grand Gabin en dirait autant
Ton absence me poursuit, hante mes nuits, me ronge en dedans
Car tu es mon Dieu, mon Allah, tu es mon tout, tu es toi !