La Visiteuse (suite)
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Elle est comme figée dans l’éternité. Rien ne peut la distraire. Il faut certainement qu’elle ait fini quand maman reviendra.
Je quitte la cuisine, retraverse l’entrée et pousse la porte qui me fait face.
C’est la salle de séjour, un peu vieillotte, certes, mais tellement cosy. Le papier beige est rayé de vieux rose ; le sol est parqueté. À ma gauche, s’impose une bibliothèque ; j’aime les bibliothèques. Je m’approche et inspecte les livres, tous dorés à l’or fin. Mais ils ne sont pas posés là pour « faire beau ». Non, ils servent ou ont servi car certains sont couchés, en travers des autres. Il y a un gros dictionnaire, souvent utilisé sûrement. Sur l’étagère du haut une photo argentique en noir et blanc jauni : quatre personnes devant une vieille 4CV. Je me tourne et aperçois la table. On dirait un grand guéridon avec son plateau rond posé sur une colonne soutenue par trois pieds. Deux livres y sont ouverts côtoyant un plateau en étain. Dans le plateau, deux tasses également en étain. Non, c’est peut-être de l’argent à y bien regarder. La théière est trop finement ciselée pour être de l’étain. Autour de la table, quatre chaises de bois brun et leurs coussins vieux rose. Derrière, contre le mur, siège une banquette tendue du même tissu que celui des chaises. Ce n’est pas tant le meuble lui-même qui m’émeut mais ce qui est dessus. Un violon est posé contre un des accoudoirs.
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