Le Tétrodon (suite)
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C'est bien elle! Madame Ange, qui lui a valu la plus terrifiante nuit de ses débuts de peintre et, qui pourrait le dire ?, l'a poussé, indûment sans doute, à renoncer aux couleurs de sa palette pour préférer l'orfèvrerie rassurante des contes pour enfants.
Précautionneusement, face à la petite toile de la dame qui n'avait d'ange que le nom, l'homme dans le grenier relit attentivement les notes qu'il avait consignées à l'époque de son voyage au bout de l'effroi.
La magie du souvenir aidant, il redevient, il est à nouveau Léon Cordial, le jeune peintre dans sa mansarde, confiant au papier les mots qu'il n'avait plus osé traduire avec ses pinceaux depuis la mémorable nuit. C'est lui qui parle, comme en ce temps où il allait conquérir le monde avec son art…
" J'ai longtemps hésité avant de relater par écrit les événements étranges dont je fus d'abord le témoin, ensuite la victime. Je crains évidemment de passer pour un halluciné ! Pourtant, il faut que je garde le souvenir de l'horrible aventure qui m'a presque égaré l'esprit !
Le mystère reste entier. C'est pourquoi, en écrivant ces lignes, j'espère aussi, que devenu plus savant, je pourrai comprendre l'effrayant duel nocturne qui m'opposa à un tétrodon !
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