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Moussa Bouchakour

Rue Akkouche Ahmed
un texte de :

 L’horloge sonne six heures et les carillons  sonores me tire de mon sommeil, en ce matin de  mars printanier. Le climat est hivernal. Luttant contre l’envie de rester couché encore, je rassemble mes forces et mon courage et je saute du lit.
           Je regard par la fenêtre, le jour se lève lentement.  Le ciel est chargé de nuages.  Les réverbères - lampadaires de l’éclairage public viennent à peine de s’éteindre. Je passe  à la salle des eaux, retire mon pyjama, je prends rapidement une douche,  je me rase la barbe, me rince le visage puis je  m’essuie. En express,   j’enfile  mes vêtements, je mets mes souliers, je me parfume  puis je me rends  à la cuisine où ma mère s’y trouve déjà bien occupée  à préparer les beignets.
Le café fumant sentait bon. Ma chère maman me verse une tasse et me donne deux beignets bien chauds, tout en me prodiguant  des conseils sur la civilité et la conduite à prendre, bien suivi de prières et de bénédiction.
        - Fait attention mon fils le diable peut détourner ton regard, regarde bien où tu mets les pieds. La rue est pleine de mauvaises surprises !
         Je déjeune rapidement tout en répondant à ma mère par des interminables «  oui maman, je ferais ça »  histoire de la rassurer ;  puis je sors pour me rendre à mon rendez vous du contrôle médical. Je dévale, à toute vitesse,  les escaliers de notre immeuble situé à la rue akkouche ahmed, du nom d’un des héros de la lutte armée pour la libération nationale,  du colonialisme.
 
 
Je suis dans la rue, les gens vont et viennent de si bon matin. Je regarde ma montre il est déjà sept heures. Une heure est déjà passée depuis mon réveil. Comme affolé par la vitesse du temps qui court, je me rends rapidement à la gare routière de la  ville et là je monte dans un fourgon - bus  à destination de la ville des genêts. 
Le minibus karzan démarre en trombe avec un bruit assourdissant du pot d’échappement. Il faisait froid,  des frissons courent le long de mon dos.  J’use de toute ma diplomatie pour amener le jeune homme, assis devant moi, à fermer la vitre ouverte,  de laquelle il regardait.  Il le fait avec délicatesse comme s’il regrettait  l’air frais du matin.
Au bout de quinze minutes environ, nous arrivâmes à destination. Je débarque au terminus et poursuit à pieds vers le centre ville, plus de mille cinq cent mètres de marche .Une pluie fine se mit à tomber. Je me faufile entre les nombreux passants jusqu'à la desserte du sanatorium, à la haute ville.
  Là, j’attendis quelques petites minutes les yeux rivés vers la plaque du cabinet de l’éminent Docteur Yahia Salhi, le médecin de tous les kabyles qui connaissait et faisait honorablement son boulot. Il était le soigneur de toutes les familles, qui venaient des coins les plus reculés de la Kabylie profonde, pour  bénéficier de ses prodigieux soins. De nos jours, ce Médecin n’est plus de ce monde, il nous a quittés depuis presque deux décennies.
 
 Que dieu l’accueille dans son vaste paradis.
 Un klaxon me réveille de mon  recueillement. La pluie se fait plus insistante. Le fourgon aménagé de transport public de voyageurs arrive, je monte, prend place, d’autres voyageurs montèrent et à peine remplit le chauffeur démarre et prend la sinueuse route, en amont, vers les hauteurs de redjaouna. Chaque ruelle traversée, chaque établissement découvert évoque des souvenirs lointains qui remontent à deux ou trois siècles d’histoire.
Au fur et à mesure que le minibus «  grimpe » vers la montagne  la pluie tombe abondamment et l’essuie glace peine à offrir une bonne visibilité au conducteur. Les grosses gouttes de pluie s’écrasent sur le pare-brise, résonnent, tambourinent à une cadence de plus en plus effrénée.

  

© Conselia 2009

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