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les spectateurs involontaires de la scène ont juste le temps d'apercevoir au-dessus d'eux une immense tache de lumière avaler la châsse brûlante après l'avoir littéralement aspirée comme un flamboyant confetti. Au sol, dans une fumée âcre qui commence à se dissiper, apparaissent les traces de l'incroyable phénomène. Là où quelques secondes auparavant se déployait encore le décor chatoyant d'un univers floral, ne subsiste plus en creux qu'une piscine vide et vitrifiée!
Décrire l'état mental de surexcitation et d'affolement des visiteurs de la Grand-Place en cet instant excède le talent commun, et c'est avec modestie qu'il faut simplement avouer que cela dépasse tout ce que l'on peut imaginer en cris, exclamations, jurons, commentaires et larmes, plus exubérants ou dramatiques les uns que les autres. Il faut se rendre à l'évidence: le tapis de fleurs, si artistiquement réalisé, a bel et bien disparu, et avec lui, quelques milliers de mètres cubes de pavés et de bon sol bruxellois ! Le premier émoi passé, les conjectures vont bon train, farfelues ou rationnelles, métaphysiques ou scientifiques. Il s'agit à coup sûr, en ce nouveau millénaire, d'un signe avant-coureur de la fin des temps ou d'une rencontre du troisième type ; à moins qu'il faille n'y voir qu'un gigantesque canular holographique !
Les médias ne tardent pas à entrer en lice, et l'événement fait bientôt la une de tous les communiqués. (...)