ASSIS PAR TERRE
Prendre l’avion pour s’enfuir
Croire que l’ailleurs est meilleur
Abandonner tous ses rêves, tous ses espoirs
Sombrer peu à peu dans la solitude, le désespoir
Chercher de toutes ses forces à s’en sortir
Et sentir que ses forces s’amenuisent jour après jour
Se sentir aspiré par le gouffre du non retour
Et assis par terre, regarder le monde tourner
Tourner à en avoir mal, mal tourner et ne plus rien avoir.
Etre né ici n’est pas une gageure
Que cette mésaventure ne nous est pas destinée
Hiver comme été, se retrouver à mendier
Du pain, de l’eau de quoi subsister
Sous les regards indifférents ou gênés
De tous ces gens qui ne comprennent pas
Qui ne veulent rien savoir de notre histoire
Et assis par terre, regarder le monde tourner
Tourner à en avoir mal, mal tourner et ne plus rien avoir.
Tendre la main, il faut apprendre
Baisser le regard, ne pas trop attendre
Perdre un peu plus de dignité chaque fois
Perdre tout, perdre sa vie en finalité
Renoncer à l’espoir de meilleurs lendemains
Renoncer à vivre comme tout autre c’est certain
Parfois une photo pour se souvenir qu’on a existé
Et assis par terre, regarder le monde tourner
Tourner à en avoir mal, mal tourner et ne plus rien avoir.
Vivre dans la peur constante du présent
Mon passé est passé et mon futur me semble déjà tout tracé
Un jour te voir passer mon amour et de moi t’éloigner
Un léger voile de douleur dans les yeux qui bien vite s’est effacé
Ton regard se porte bien plus haut que le ras du sol où je gis
Ma douleur et mon infortune ne peuvent plus t’atteindre
J’ai tout perdu, je n’ai pas su comment m’y prendre
Et assis par terre, regarder le monde tourner
Tourner à en avoir mal, mal tourner et ne plus rien avoir.
S O S, TERRE EN DANGER
Née d’un bing bang présumé
Notre terre, poussière d’astres assemblés
Globe vivant évoluant au fil des années
Est le berceau d’une humanité tourmentée.
Longtemps par des animaux, habitée
Voit soudain changer sa destinée
L’Homme avec un grand H faisait son entrée.
Adam, Eve, la pomme, le péché originel installé
Pour la terre, la situation de mal en pis s’est dégradée.
L’homme fier de son statut de privilégié
Dérange l’ordre des choses, le monde est bouleversé
Guerres fratricides et actions pleines de méchanceté
Sont désormais le lot quotidien de l’humanité.
Croyez vous qu’en si bon chemin on puisse s’arrêter ?
Nenni, de la terre, planète bleue qui lui a tout donné
Il décide d’en extraire la substantifique moelle et rassasié
Tel un parasite, tue son hôte généreux mais désarmé.
Pleure, pleure, mère nature bafouée
Pleure des larmes salées brûlées d’acidité
Pleure des larmes salées pour toutes tes forêts dévastées
Pleure des larmes salées pour la couche d’ozone perforée.
Désormais notre terre en danger n’est plus protégée.
Gronde, gronde, mère nourricière révoltée
Gronde, fait souffler tes vents rageurs, et de tout ravager
Gronde, le tonnerre, et les éclairs en une symphonie désaccordée
Gronde, terre mère ulcérée par tant d’ingratitude éhontée.
Désormais notre terre en danger n’est plus protégée.
Mouvements tectoniques des plaques contrariées
La terre entière ne cesse de trembler.
Mais les nations avides de fausseté
Ne respectent pas la matrice qui les a engendrées.
Alors tremble de tous ses membres celle qui nous a portés
Depuis l’origine des temps, sans jamais se lasser.
Pluie, vent, neige et feu, les éléments sont déchaînés.
Que faire face à tant de forces incontrôlées ?
Brisée, abîmée, enfin révoltée
S O S la terre est en grand danger.
Et sous nos yeux ébahis et désolés,
Tous les éléments entrent dans une danse effrénée,
Farandole d’instruments majestueusement orchestrés,
Dans le but de nous rappeler à nous petite entité,
Que nous sommes petits face à l’immensité.
Ultime appel au secours d’une terre en danger,
Qui se meurt de nous avoir trop aimé et tout donné.
NEG’
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Parfois de nos propres frères vendus et reniés,
Pour quelques babioles sans valeur, des trésors miroités.
Ces hommes de bonne conscience ont cru leurs torts partagés
Car ne dit on pas que faute avouée est à demi pardonnée ?
Et vous voilà esclaves meurtris aux pieds et poings liés,
Vous, enfants de mère Afrique, vidée de son sang, déchirée.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Si longtemps battus, brimés et fouettés
Rabaissés plus bas que terre complètement annihilés
De leurs terres, de leur vie brutalement déracinés
Bois d’ébène, par ta sueur et ton sang mêlés,
Notre destin de tes mains tu as fabriqué
Vous, enfants de mère Afrique, au bord du gouffre, révoltés.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Pourquoi rejeter vos racines en vous si profondément ancrées ?
Pourquoi ajouter à l’injure et le mépris le déni de notre passé ?
De cette terre là bas nous avons tous été arraché
De cette terre féconde et riche de saveurs colorées
Au delà de la couleur de peau nos souvenirs te sont restés.
Vous, enfants de mère Afrique, rejetez cette forme de lèse majesté.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Neg’ ta noirceur n’est pas une fatalité
Un échec qu’il te faut à tout prix éviter
Tu es beau, fort, et plein de majesté
Souverain véritable sur ce royaume de fausseté
Ne te laisse pas amoindrir car je connais tes qualités
Vous, enfants de mère Afrique, à l’identité empruntée.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Montés l’un contre l’autre, « Neg’ » acharné,
Des tiens tu n’as su te faire des amis ou à défaut des alliés,
Car de tout temps avec les tiens tu devais rivaliser,
Pour échapper aux coups de fouets si généreusement distribués,
Le mot solidarité faisait référence à un vocabulaire désuet, inusité.
Vous, enfants de mère Afrique, divisés pour être mieux dominés.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
De notre tragique destin nous nous sommes relevés,
Pierre après pierre, l’édifice a été assemblé
Et aujourd’hui que nous avons trouvé un semblant de liberté
Nous luttons pour conserver notre destinée
Entre nos mains et ne plus jamais nous la faire voler.
Nous, enfants de mère Afrique, enfants de l’unité.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Pétrie de luttes intestines sanglantes depuis tant d’années,
Tes enfants de par le monde te rendent hommage, mère bafouée
Neg’ noir comme du charbon ou café au lait mélangé
Tous tes enfants nés sur ces sols étrangers
Ces petits qui sans cesse de toi continuent de s’éloigner
Vous, enfants de mère Afrique, enfants désemparés.
Venus d’Afrique berceau de l’humanité,
Vous ou nous ? Faut il dire en vérité
Combien de temps encore pour admettre et avouer
Que tous nos rythmes sont empreints de tes cités
Que tous nos rites sont issus de ta vérité
Que tous nos rires de tes larmes sont colorés
Nous, enfants de mère Afrique, enfants victimes refoulés
Pourtant nous gardons le secret honteusement gardé
Au lieu d’être fier de ce que nous possédons, manque de volonté
Au lieu d’être fier d’être ce que nous sommes, manque d’honnêteté
Au lieu d’être fier des nôtres et de les pousser à se surpasser et à gagner
Au lieu de nous mépriser les uns les autres comme des « Nég » enragés
Au lieu de perpétrer la tâche de ceux qui nous ont jadis enchaînés
Afin que la solidarité casse nos tabous et nous guide sans hésiter
Aujourd’hui, il est temps de reconnaître notre identité
De fils d’africains tous déracinés et déportés
Vers ces pays où l’on prône « LIBERTE EGALITE- FRATERNITE ».
ARGENT
Invention du nouveau temps
Cet objet de métal blanc
Suscitera encore au fil des ans
Toujours et toujours plus d’engouement.
Indissociable de la vie des gens,
L’argent bien vite devient l’arme de Satan
Afin de voler l’âme de tous les indigents
Qui règnent sur la terre en n’y rien faisant
Il n’y a même plus de place pour les sentiments
Rien d’autre n’a d’importance si ce n’est l’accroissement
De son pécule maudit qu’il faut protéger des intrigants
Qui tueraient sans remords, un a un tous leurs parents.
Argent, argent, argent,
Langage universel quoique indécent
Tu crois tout pouvoir acheter malgré le rang,
Le sang ou l’appartenance à un clan.
Argent, argent, argent
Tu crois tout pouvoir acheter c’est bien tentant
Mais attention à toi, petit chenapan
Ce que tu es Dieu est plus grand
Et aucune prise tu ne pourras avoir sur le temps,
Alors, profites en bien car ton règne ne seras pas permanent
Et un jour viendra où tu perdras tous tes arguments !
REGARDE
Rien n’est plus comme avant
La peur s’installe pour ne plus repartir
Aujourd’hui nous avons tous une raison de mourir
Les avions s’écrasent sans cesse
Tuant par dizaines des voyageurs plein de stress
Les trains s’y mettent aussi
Expédiant dans l’au-delà des innocents meurtris
Et les voitures, n’en parlons pas
Tous les jours, des hommes, elles font passer de vie à trépas
Regarde encore autour de toi
Tu verras la peur flotter par là
Les assassins courent dans les rues
Otant des vies sans état d’âme ni retenue
Les maladies apparaissent lentement
Pour décimer les pauvres survivants
Alors regarde, regarde encore
Loin de ce triste constat, de ce mauvais sort
Tu verras que malgré tout des hommes tentent de changer le score
Ils se battent nuit et jour afin de repousser la mort
Faisant luire l’espoir comme une lampe allumée au dehors
C’est ça la vie malheureusement
Alors regarde bien et profite de l’instant présent
La vie est trop courte pour ceux qui voudraient prendre leur temps
A toujours remettre au lendemain ce qui est urgent,
On n’a qu’une seule vie, pourquoi la gâcher sottement ?
CHEVEUX AU VENT
Femme moderne au fil des temps
De la vie nous avons pris des engagements.
Il nous pesait de rester sagement
Assise au foyer veillant les enfants.
Il nous fallait travailler pour gagner de l’argent
Et nous déplacer seule devint urgent.
J’entends encore de ci de là dire des gens
Femme au volant danger au tournant
Non messieurs, cessez d’être médisants
Car les femmes ne sont point des êtres négligents.
Nous conduisons parfois lentement
Et nous nous assurons de respecter les règlements
Car qui va lentement arrive sûrement.
Conduire n’a rien d’un jeu sans cesse il faut être prudent
Ne jamais conduire sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants
La vitesse est grisante, mais glissante est la chaussée, gare à l’accident !
Aussi si parmi nous d’autres conduisent cheveux au vent
Ce n’est que par plaisir, profitant de l’instant
Où l’homme et la femme sans faux semblant
Sont identiques devant la force mécanique de leur instrument.
Si parmi nous d’autres conduisent cheveux au vent
Soyez sûr que nous autres femmes vérifions bien avant
Que notre véhicule ne pollue pas l’environnement
Alors cessez donc vos critiques et conduisez intelligemment !