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[Texte auteur Vers la Lumière 2]
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[Texte auteur Vers la Lumière 1]
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Vers la Lumière,
un texte de :

Vers la Lumière

La chaleur est intenable sur la terrasse. Luz se lève d’un bond, décidée à faire baisser la température de son corps d’au moins dix degrés. La piscine offre pour cela le plus simple et le plus agréable des remèdes et elle y plonge son corps d’un appel du pied sur le bord de ciment ocre. Malgré la quasi perfection de son saut, quelques gouttes sont projetées sur le dos de Miranda qui sursaute et proteste mollement, alanguie par une sieste de trente minutes. Les deux amies partagent depuis trois jours le luxe d’une villa prêtée par un ami fortuné de Luz, qui ne les y rejoindra pas avant une semaine, retenu à Madrid par ses mystérieuses affaires. Il ne tiendrait qu’à la curiosité de la jeune femme de découvrir  la nature de son activité, mais elle ne lui pose aucune question, goûtant ce qu’il lui offre et lui prodiguant en retour ce dont la nature l’a dotée. Miranda réprouve la légèreté de son amie d’enfance mais se garde depuis longtemps de le lui faire savoir. D’autant qu’elle a su elle aussi profiter des largesses dont ces hommes plus généreux que séduisants ont comblée Luce depuis ses vingt deux ans. Elle avait à l’époque décidé de ne plus connaître les affres de l’amour, après que le beau Jose Luis de Heredia eût réduit son petit cœur d’adolescente à l’état de cendres, qu’aucun homme, s’était-elle jurée, ne raviverait jamais. Célibataire depuis et résolue à le rester jusqu’à ce que la nécessité ordonne qu’il en soit autrement, elle exerce, avec un art plus subtil chaque jour, la délicate profession de courtisane. C’est plutôt par le vocable de putain que Miranda résumait l’affaire, mais on pourrait entendre autant d’envie que de mépris dans ce propos, car si elle se refuse à monnayer ses charmes, cette dernière est aussi sentimentalement esseulée que celle dont elle condamne l’immoralité. Secrètement amoureuse elle aussi du beau Jose, elle s’était effacée devant sa rivale et n’avait jamais depuis connu l’amour.
                                                                                                                                                (...)

© Conselia 2009

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